Twitter est à l’opposé du formatage du discours politique

Twitter - image d'illustration (JAUBERT/SIPA).

Twitter – image d’illustration (JAUBERT/SIPA).

« Twittus Politicus » (éd. Fetjaine) évoque l’usage que font les hommes politiques du réseau de micro-blogging, en plus de donner des clés de compréhension de l’outil.

En sort un gloubi-boulga des dernières affaires en date : le tweet de Valérie Trierweiler, le « DM fail » d’Eric Besson, les boulettes de Frédéric Lefebvre. Plus largement, on y retrouve tout ce qui gravite autour de la politique : Humour de droite, « Radio Londres« , un classement des « cinq meilleurs tweets de Nadine Morano » ou le top 3 des tweets « les plus creux » émis par des hommes politiques. Mais à quoi peut bien servir Twitter pour un homme politique ? Nous avons posé la question à Nico Prat et Antoine Dubuquoy, co-auteurs de l’ouvrage.

Quels usages font les hommes politiques de Twitter ?

Nico Prat : Certains hommes politiques se limitent à partager leur agenda ou des extraits de leur discours, mais d’autres en font un usage plus personnel. C’est le cas de Nathalie Kosciusko-Morizet (@_nkm) ou Eric Besson, avant qu’il ne quitte le réseau. Une barrière est tombée : le politique n’est plus inaccessible. C’est le lieu idéal pour prolonger les discussions, mais aussi pour se rapprocher des gens.

Antoine Duboquoy : Avec Twitter, les hommes politiques prennent des risques. Twitter permet d’attirer l’attention des médias et de renforcer leur légitimité. C’est un canal ouvert à tous, qui offre la possibilité, avec un peu de talent et de style, de toucher un public différent.

L’outil permet une prise de parole sans filtre. Si certains ne saisissent pas l’occasion, comme Najat Vallaud-Belkacem (@najatvb), dont les tweets ressemblent aux discours, d’autres maîtrisent parfaitement le réseau social, comme Eric Besson ou Lionel Tardy (@DeputeTardy). Ils démontrent que si on a trouvé son style, avec ou sans conseil, le compte devient un véritable reflet de la personnalité réelle ou construite de l’utilisateur. Sur Twitter, on est à l’opposé du formatage du discours.

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